Sur un chantier de rénovation d’un appartement ancien du centre de Grenoble, un plaquiste devait fixer des rails contre une cloison avant de poser des plaques de plâtre. L’électricien n’était pas encore passé et personne n’avait coupé le courant de la pièce.
En perçant, le foret a touché un câble encastré, alimenté. Un claquement, une gerbe d’étincelles, le disjoncteur a sauté. Le plaquiste s’en est tiré avec une grosse frayeur et une brûlure légère à la main. Le chef d’entreprise a reconnu ensuite qu’aucun de ses compagnons n’avait jamais reçu la moindre formation au risque électrique.
Le risque électrique concerne aussi les non-électriciens
Dans le bâtiment, on associe souvent l’électricité au seul électricien. Pourtant, sur un chantier de rénovation, presque tous les corps de métier travaillent à proximité d’installations électriques : le plaquiste qui perce une cloison, le peintre qui démonte une prise ou un interrupteur pour peindre derrière, le maçon qui ouvre un mur, le carreleur qui travaille près d’une boîte de dérivation, le menuisier qui pose un placard contre un tableau électrique.
Grenoble et son agglomération comptent un parc immobilier ancien important, des copropriétés des années soixante et soixante-dix en pleine rénovation énergétique, des locaux tertiaires reconvertis. Les installations y sont parfois vétustes, mal repérées, modifiées au fil des années. Un câble peut se trouver là où on ne l’attend pas. Les chantiers de rénovation énergétique ajoutent d’autres situations : pose de pompes à chaleur, de ventilations mécaniques, de panneaux photovoltaïques en toiture, qui obligent plusieurs corps de métier à travailler autour d’équipements électriques neufs ou existants. Sur ces chantiers, la coordination entre l’électricien et les autres entreprises est essentielle, et chacun doit savoir ce qu’il a le droit de faire.
Ce que prévoit la norme NF C 18-510
La norme NF C 18-510 encadre les opérations effectuées sur les installations électriques ou dans leur voisinage. Elle repose sur un principe simple : toute personne qui travaille sur une installation ou à proximité doit être habilitée par son employeur, après une formation adaptée à ce qu’elle fait réellement.
Pour les ouvriers du bâtiment qui ne font pas d’électricité mais travaillent à proximité, le titre le plus courant est H0V B0. Il permet d’accéder aux locaux et de travailler dans l’environnement d’installations électriques en respectant des distances et des consignes précises, sans intervenir sur l’installation elle-même. Pour ceux qui remplacent une ampoule, un fusible ou réarment un disjoncteur, d’autres symboles existent, comme BS ou BE Manœuvre. Les électriciens relèvent quant à eux de titres comme B2V, BR ou BC.
L’habilitation est délivrée par l’employeur lui-même, sur la base d’une formation et de son évaluation. Elle doit être renouvelée, avec un recyclage recommandé tous les 3 ans.
Une formation adaptée aux équipes de chantier
Human Formation, organisme certifié Qualiopi, propose une formation habilitation électrique à Grenoble uniquement en intra, dans vos locaux ou votre dépôt. La durée va de 1 à 3 jours selon les symboles visés, pour 8 stagiaires au maximum. Le tarif démarre à partir de 720 € HT par jour.
Pour des compagnons non électriciens, la formation H0V B0 tient en une journée. Le formateur explique les effets du courant sur le corps humain, les zones d’environnement électrique, la lecture des signalisations, les distances à respecter et la conduite à tenir face à un accident d’origine électrique. Il s’appuie sur des situations concrètes de chantier : percer une cloison, déposer un appareillage, travailler près d’un tableau ou d’une ligne aérienne lors d’un ravalement.
Organiser la session en intra permet de former toute une équipe le même jour, sur une période creuse, par exemple pendant les intempéries de l’hiver grenoblois, quand les chantiers extérieurs tournent au ralenti.
Les bons réflexes avant chaque intervention
Après la formation, quelques habitudes évitent la plupart des incidents. Avant de percer ou de démolir, demandez si l’installation de la pièce a été mise hors tension et vérifiez-le avec le responsable du chantier. Utilisez un détecteur de câbles avant de percer une cloison. Ne touchez jamais à un tableau électrique sans y être habilité. En cas d’accident, coupez le courant avant de toucher la victime et appelez les secours.
Tenez enfin un tableau avec le nom de chaque salarié habilité, ses symboles et la date de son prochain recyclage. Les maîtres d’ouvrage et les entreprises générales le demandent de plus en plus souvent avant de confier un lot.
Après l’incident de la cloison, le chef d’entreprise grenoblois a fait former toute son équipe. Il le dit simplement : un câble ne prévient pas, et une journée de formation suffit pour que chacun sache où mettre les mains.
Pour recevoir un devis sous 24 h, appelez le 06 12 95 84 78 en précisant le nombre de salariés et les métiers concernés.